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Dans les secrets d'une cure ayurvédique : réçit d'une

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Nous avançons à l’arrière d’une Jeep dans la nuit indienne en plein mois de février. Est-ce que je préfère la chaleur ou le froid ? Comment je me sens si je saute un déjeuner ? De quel genre de maladies est-ce que je souffre ? Darshan tentait d’évaluer mon dosha de manière décontractée à l’arrière de la voiture, tandis que celle-ci naviguait dans un enchevêtrement de routes de campagne à travers la nuit noire. D’ici une demi heure nous devrions atteindre la clinique de cure ayurvédique située dans le sud de l’Inde au Kerala; J’y serai volontairement internée pendant un mois et demi. 

Un an auparavant, je m’étais engagée à réduire drastiquement ma prise de médicaments. Mon corps commençait en effet à montrer des signes de saturation à cause de tous les anxiolytiques, somnifères et antidépresseurs que j’ingurgitais. La balance bénéfices inconvénients était devenue clairement en défaveur de la médecine moderne. 

Mais mon intuition me suggérait qu’il y avait d’autres solutions, qu’il y avait quelque chose d’important à découvrir ailleurs et notamment là-bas en Inde. A la découverte de la détox traditionnelle Indienne, je vous livre mon récit pas à pas. 

Premiers jours de la cure ayurvédique.

Nous arrivons en voiture sur une route qui surplombe la clinique ayurvédique. De là où l’on est, la jungle avoisinante semble absorber les bâtiments. Une tranchée de deux mètres de profondeur a été creusée tout autour du complexe. Un peu plus tard au cours de mon séjour on m’apprendra qu’il sert de rempart aux nombreux éléphants et félins qui vivent aux alentours. Dépaysement garanti ! 

dessin tigre

 

Très rapidement après mon arrivée, je suis invitée à rencontrer le médecin du centre de cure ayurvédique pour un premier entretien. 

Vêtu de blanc à la manière des yogis, émane de sa personne un chaleureux mélange de douceur et de sagesse. Pourtant à l’autre bout du monde, je me sens déjà en parfaite confiance, leur philosophie se ressentant indéniablement à leur contact. 

Au cours de la consultation, le médecin commencera par prendre mon pouls, regarder ma langue, mes cheveux, ma peau, mes selles, mon urine, ma silhouette, ma voix. Il me questionnera ensuite sur la qualité de mon sommeil, de ma digestion, sur mes préférences alimentaires, mon état d’esprit et les maux du quotidien. Toutes ces informations permettront au médecin de déterminer mon profil dosha ainsi que mes déséquilibres. 

Après avoir fini de remplir les questionnaires, on approche midi, heure de la méditation de la mi-journée. Le médecin ayurvédique m’invite à y prendre part. Quelques heures à peine après avoir posé le pied sur la terre du Bouddha, je me retrouve donc assise en zazen, au milieu de la jungle luxuriante, tout me semble irréaliste. 

Je remarque un autre voyageur français assis à côté de moi, je ne peux m’empêcher de le questionner: “Alors c’est comment d’être ici ?” il me répond : 

« Tu vas passer par toutes sortes d’états »

Le verdict tombe.

« Vous êtes vata-pitta ». À l’ombre d’un élégant bungalow fleurant bon la paille tressée, le diagnostic est posé. 

Cette sorte de carte d’identité ayurvédique, constitue le point de départ de tout traitement et oriente le choix des massages, des potions aux herbes et autres plantes médicinales à avaler chaque jour ainsi que les recommandations diététiques, les aliments et épices pouvant influer sur l’équilibre des doshas.

Notre constitution dicte tout sur nous, de la couleur de nos cheveux, au type de maladies dont nous souffrons. Ils sont même responsables des aliments dont nous rêvons, de nos relations et de ce que nous aimons faire. Nous avons tous des éléments de vata, de pitta et de kapha, mais nous avons généralement un – ou parfois deux, doshas dominants.

Une journée typique au centre de cure ayurvédique.

Plus que pour un traitement médical alternatif, j’ai voyagé jusqu’ici en Inde en quête de dépouillement. Je veux appréhender l’inconfort et l’ennui, me confronter au silence et à l’inactivité. Et pour cela rien de mieux que de me réveiller chaque matin dans mon cottage minimaliste. Néanmoins, je m’aperçois assez rapidement, avec une certaine gêne, que ce qui confère pour moi à la sobriété relève du luxe pour l’indien moyen.

Ces derniers, vivent en effet à plusieurs dans des pièces minuscules, avec souvent comme seul protection une toile futile au-dessus de leur tête. 

Levée 6 heures 30.

Quoi qu’il en soit, la journée commence à 6 heures 30 par une méditation. Mais les premiers jours je n’y prends pas part étant incapable de me soumettre à un tel horaire. J’entends bien faire face à des remontrances pour ce manquement mais j’apprends que rien n’est obligatoire ici. Je dois dire que le pouvoir de la permission est forte car dès lors je ne louperais plus la méditation matinale. 

L’heure de la pratique du yoga.

La journée s’enchaîne avec la pratique de Hatha Yoga. Contrairement à un enchaînement de gymnastique, les postures doivent être maintenues suffisamment longtemps : environ 3 minutes par posture, tout en y associant le contrôle du souffle (pranayama) et la concentration. 

L’expérience des couleurs vibrantes, des sons qui émanent de la jungle rendent la pratique du yoga transcendante. Il m’arrive d’être parcourue de bas en haut par des vagues de plaisir et bien-être inqualifiables.

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Les massages ayurvédiques Abhyanga et dhanyamla dhara.

J’étais  prévenu, ici, on parle de médecine ! Une cure ayurvédique n’est pas une semaine de Thalasso dans un hôtel spa à Aix-les-Bains; il est donc clair que j’allais devoir renoncer à la coupe de champagne. 

Chaque massage, commence par une bénédiction mélodieuse à laquelle s’agrègent les émanation d’huiles chaudes de sésame ou de coco qui embaument la pièce. Cette seule combinaison suffit à exalter mes sens et à me transporter dans un état de relaxation profond, avant même que le traitement ne débute.

Pendant près d’une heure, les masseuses se relayent pour m’appliquer à tour de rôle les huiles chaudes sur mon front et ma poitrine, tandis que d’autres, versent sur mon corps une eau chaude infusée aux plantes médicinales, le tout dans un balancement hypnotique. Le stress s’évaporant peu à peu, la cuve dans laquelle je barbote se transforme, à l’occasion, en un véritable cocon maternel.

Au delà de l’effet apaisant certain de ce rituel, l’objectif est d’agir sur les trajets de l’énergie sur lesquels sont répartis des points de pression, pour permettre à l’énergie vitale de circuler librement et harmonieusement dans le tout le corps.

De l’ennui à la révélation.

Je dois dire que les premiers jours m’ont laissé un goût plutôt amer. Au-delà des activités organisées, le temps s’écoule difficilement au complexe de cure ayurvédique. J’ai l’envie naïve née du désespoir, que ce séjour soit un tournant dans ma vie, que quelque chose me soit révélée. 

Animée de cette nouvelle motivation, je veux parfaire mon savoir, je veux méditer toujours plus, j’ai soif d’apprendre et l’envie d’échanger. En échange, le silence m’est imposée, l’envie de méditer en dehors des heures prévues à cet effet m’est également déconseillée, et les réponses à mes questions restent évasives. 

Face à cette inertie imposée, je me centre sans le vouloir sur moi et  l’expérience n’est vraiment pas agréable

Puis au matin du septième jour, face à ma fenêtre quelque chose se passe. Dehors, les premiers rayons du soleil tentent de se frayer un chemin à travers l’étouffante canopée de la forêt dessinant des faisceaux lumineux pointant vers le sol. 

A travers cette lumière une myriade d’insectes apparaît. Cette vision peut sembler banale, mais j’ai l’impression de l’observer réellement pour la première fois. Suspendue dans le temps comme en apesanteur, tout apparaît différemment. Je suis là, maintenant et nulle part ailleurs dans une parfaite quiétude. Mes soucis, mes angoisses et mes doutes sont toujours présents mais relayés en second plan de ma conscience. J’étais tout à coup capable d’apprécier le temps seconde après seconde. Ce qui est petit et insignifiant devenait grand et magnifique à mes yeux. 

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Tout ceci était peut être le résultat d’un super effet placebo, ou alors le résultat d’une science holistique millénaire vieille de 5000 ans; qui sait ! Mais je peux maintenant dire ceci avec certitude : le lâcher prise est surement la clé à beaucoup de nos problèmes. 

Le panchakarma, le point culminant de la cure ayurvédique.

C’est lors de ces purges détoxifiantes que ma sensibilité d’occidentale a été mise à rude épreuve. Sans elles d’ailleurs, j’aurais pu me penser en vacances. 

Les traitements physiques auxquels je me soumettais de bon gré, me paraissaient bizarre, bien qu’ils soient familiers pour la plupart des Indiens. 

La purge donc, appelée panchakarma, arrive vers le quatrième jour. Elle permet d’évacuer les toxines mobilisées par les massages, mais aussi de détoxifier le foie et la vésicule. Elle se décline en plusieurs étapes : parmi celles-ci, le « snehana » qui consiste à ingérer du beurre clarifié pendant plusieurs jours. Le svedana, est l’étape de la sudation, et s’en suit le « basti », qui est un lavement très léger permettant d’éliminer complètement les toxines. Mais c’est le lavement du nez que j’ai décidé de vous conter. 

Sur une chaise, qui semble tout droit sortie du Moyen-âge, on m’incline la tête en arrière jusqu’à que mes narines fassent face au plafond. De là, est versé dans mes narines un mélange de gingembre, citron, lait et plantes jusqu’à que celui remonte dans ma gorge puis me force à expulser le tout. 

Quel bilan retenir de ma cure ayurvédique ?

C’est le moment de quitter l’Inde. S’il y avait quelque chose à venir chercher, ici, dans ce lieu hors du temps, je l’avais trouvé.

J’ai touché, suffisamment longtemps du doigt leur philosophie, pour que les enseignements de l’ayurveda m’accompagnent à mon retour en France, du moins je l’espère. J’étais prête à vivre avec ou sans dépression et anxiété, j’étais prête à voir mon monde autrement, ma tête étant sortie du brouillard.

Sur le plan physique, toute ma constitution a changé. J’ai l’impression que mon corps à été littéralement reboutée. Je dispose d’une énergie nouvelle, je n’ai plus d’insomnie et je me sens bien plus résistante. Faire une cure ayurvédique à été salvatrice et je prends déjà rendez-vous pour l’année prochaine.

Cure ayurvédique en france.

Si vous n’êtes pas branché exotisme à outrance, en plein milieu de la campagne normande, à une dizaine de kilomètres de Fécamp, Kiran Vyas, praticien ayurvéda, vous accueille dans son centre ayurvédique de Tapovan. Avec un brin d’imagination vous pouvez donc vivre l’expérience indienne d’autant plus que les soins ayurvédiques traditionnels sont à la hauteur de leur homologues indiens. 

Soins ayurvédiques maison.

Pas le temps de faire une retraite ayurvédique ? Voici cinq conseils que vous pouvez appliquer au quotidien.  

Alignez vos rythmes circadiens
Dormez avant 22 h, réveillez-vous avant 6h, mangez vos repas à des heures fixes chaque jour. Préparez votre repas du soir tôt et léger afin qu’il soit bien digéré avant d’aller dormir. Essayez quelques jours et sentez la différence.

Le régime alimentaire : point central de l’ayurveda
Manger selon l’ayurveda signifie ingérer des aliments cuits, d’origines locales et digestibles, préparés avec beaucoup d’herbes et d’épices. 

Évitez les aliments réchauffés, congelés, en conserve ou préemballés. En ayurveda, ces aliments sont considérés comme tamasiques, c’est-à-dire ralentissant le métabolisme. Selon la médecine traditionnelle ayurvédique ce type d’alimentation entraîne stress et déprime.

Essayez de cuisiner aussi souvent que possible, en utilisant un thermos pour garder les aliments au chaud pour plus tard, au lieu de les réchauffer.

Pratiquer le yoga et la méditation
Le yoga et la méditation font partie intégrante de l’ayurveda. Au-delà des asanas (ou des poses) que les yogis occidentaux connaissent, le yoga est simplement l’application réelle des enseignements de l’ayurveda. Parallèlement à la méditation régulière (20 minutes deux fois par jour sont idéales), la pratique physique des asanas et du travail de la respiration nous aide à nous ancrer, à canaliser notre énergie et à nous rendre plus présents dans notre vie de tous les jours.

Les massages du corps
Massage du visage, massage de la tête, massage des pieds qu’ils soient auto-administrés ou non, ils ne devraient pas être un luxe.

La massothérapie est parfois nécessaire pour accélérer la récupération musculaire, défaire les nœuds, lubrifier les articulations, réduire l’inflammation et le stress et drainer les sinus. Un massage à l’huile est aussi un excellent moyen d’hydrater votre peau. 

 

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